mercredi 19 mars 2014

News - Pourquoi le bordeaux 2013 sera moins bon mais plus cher ?

INTERVIEW Hervé Grandeau, Président du syndicat des bordeaux et des bordeaux supérieurs explique les raisons de ce paradoxe.

Les prix des vins français issus des vendanges de 2013 affichent une hausse de 20% selon une étude réalisée par le ministère de l’Agriculture. Comment l’expliquez-vous ?

Cette hausse globale des prix du vin en vrac est mécanique. Elle est due à une baisse de la production et à un maintien de la demande en 2013-2014. Hormis la Provence et surtout le Languedoc, toutes les régions viticoles ont pâti en 2013 d’une mauvaise météo qui a provoqué une baisse des rendements viticoles. 

Sur les bordeaux 2013, les prix montent aussi de 20% alors que les experts considèrent ce millésime comme assez moyen, compte tenu des conditions climatiques, détestables avant comme pendant les vendanges. C'est paradoxal, non ? 

Pour les vins de consommation courante, le millésime 2013 apparaît moins homogène en qualité que les exceptionnels 2009 et 2010. Mais la qualité étant correcte dans l’ensemble, cela pèse assez peu sur le cours du vin en vrac. En réalité la remontée des prix s’explique par un rééquilibrage de l’offre par rapport à la demande. Depuis 2005, le vrac comme les vins premiers prix ont souffert d’un phénomène de surstockage. Conséquence ? Le cours du tonneau de 900 litres est descendu de 1.200 à 800 euros pendant la crise financière de 2008-2009. Et comme nous avions trop de stocks, les 2009 et 2010 ont été bradés. Mais aujourd’hui la donne a changé. Pour éliminer ce surstockage, les vignerons bordelais ont mis en place une politique de baisse des rendements. A cela est venu s’ajouter la faible récolte de 2013, ce qui s‘est traduit par une chute de 30% de la production. Du coup, l’offre de vin en vrac est inférieure à la demande. Il est donc logique que les prix remontent à 1.200 euros le tonneau, soit le niveau de la fin des années 2000.

C'est une mauvaise nouvelle pour le consommateur de vins à petit prix...

Pour une bouteille de bordeaux premier prix qui coûtait 2,5 à 3 euros- la hausse représente 30 centimes environ… Mais après des années de baisse, soulignons-le!

N’y a t-il pas selon vous une déconnexion totale entre l’évolution du prix des 150 à 200 grands crus classés qui font l’objet des ventes primeurs et celle des autres vins de bordeaux ? 

La déconnexion existe et elle s’explique. Les prix des bordeaux premiers prix n’ont cessé de baisser ces six dernières années alors que ceux des grands crus notamment les plus spéculatifs n’ont fait qu’augmenter. Logiquement et compte tenu du caractère assez hétérogène du millésime 2013 en terme qualitatif, les prix des grands crus devraient baisser. Car les 2013 ne sont pas du même niveau que les 2009 et 2010 qui étaient exceptionnels.

Source: Challenges

jeudi 13 février 2014

News - Les 15 prédictions de Robert Parker pour 2014

Le célèbre critique américain vient de communiquer ses prévisions 2014 à l’occasion de sa traditionnelle cérémonie des voeux. Celui qui avait déjà prévu en 2006 une montée des ventes de vins sur internet, une progression de l’Espagne, une flambée des prix pour les domaines et les crus réputés… a réitéré cette année.




Il annonce “une résistance croissante aux vins très coûteux de millésimes médiocres, comme ceux européens de 2011, 2012 et 2013”, tandis que la Californie “profitera de deux années généreuses en qualité et en quantité” et que l’Argentine”se distinguera avec ses vins de malbecs et de torrontes”.

Les 15 prédictions de Robert Parker, telles que publiées sur son compteTwitter : (« Ces prédictions sont une traduction des propos de Robert Parker »)



1. Il y aura une résistance croissante des vins de millésimes médiocres très couteux, comme les millésimes européens 2011, 2012 et 2013



2. La Californie profitera de deux années généreuses en qualité et en quantité – 2012 et 2013



3. L’arnaque non définie dite «naturelle» ou vins « authentiques » sera assimiléé à une fraude-(Les vins les plus sérieux sont sans additifs)



4. l’Argentine se distinguera avec ses cépages Malbec et de Torrontes



5. L’Espagne, le Sud de l’Italie et la France seront dominants sur le marché avec leurs vins de haute qualité à moins de 20$



6. Les amateurs de Pinot Noir seront cinoques des millésimes 2012 de l’Oregon et de la Californie



7. Le vin continuera à devenir populaire et les élitistes régresseront.



8. La fraude de vin atteindra le Sanctus Santorum dans plusieurs maisons de vente aux enchères qui s’avéreront complices de ces ventes frauduleuses malgré les alertes



9. Le système de conservation de vin Coravin changera profondément la façon dont nous dégustons des produits en quantité limitée



10. Le gouvernement exigera enfin que toutes les étiquettes de vin affichent les informations caloriques, ainsi que les ingrédients du produit



11. Les bloggeurs de vins continueront à se plaindre de leurs échecs à monétiser leurs sites et à gagner le respect



12. Les vignobles de l’Est et de la côte Atlantique américaine recevront et gagneront le soutien des consommateurs basés sur la force de 2012 et de 2013. Les consommateurs rechercheront de nouvelles expériences



13. Davantage de bistrots et de trattorias BIO de grande qualité vont exploser sur la scène en réponse aux restaurants excessivement onéreux



14. Il faudra s’attendre à voir plus de commerces alimentaires qui proposeront des vins Coréens, Mexicains, Sud-Américains et Asiatiques



15. Il faut rechercher des vins pétillants de Prosecco ou de Cava pour éroder un peu le profit et le coté glamour du Champagne



Compte tenu de ces prédications, Patriwine se félicite d’avoir su rester à l’écart des traditionnelles ventes de primeurs sur les millésimes 2011, 2012 et ne fera pas la campagne 2013. Nous préconisons aujourd’hui les millésimes 2005, 2008, et surtout les 2 millésimes exceptionnels de 2009 et 2010. Cela va totalement dans le sens des préconisations du gourou mondial des grands vins de la planète.