mercredi 30 juin 2010
News - Red wine and weight control
TIME
Et dire que le président et moi-même nous fatiguons à aller courrir tous les week-ends alors qu'il suffit de lever le coude...
lundi 28 juin 2010
News - Bordeaux 2009: les premiers grands crus à 1.000 euros
La crise, quelle crise ? Persuadée, à juste titre, que des clients étrangers toujours plus nombreux et fortunés vont s'arracher leur luxueuse et rare production, l'élite des châteaux du Bordelais affiche, en cette fin juin, des tarifs insolents. De 450 euros à 600 euros la bouteille de 2009 (une bouteille encore virtuelle car elle ne sera livrée qu'en 2012), au « prix de sortie » hors taxes proposé aux négociants de la place de Bordeaux. Dans le bas de la fourchette, Mouton Rothschild et Lafite Rothschild, Margaux et Yquem grimperont à coup sûr dans une deuxième vague d'allocation. Seuls Latour et Haut-Brion ont osé toucher d'emblée le seuil symbolique des 500 euros, tandis que, toujours soucieux de se placer au-dessus du lot, Cheval Blanc se propose depuis vendredi à 600 euros le flacon ! Ce record, toutefois, pourrait être battu par Ausone, attendu aujourd'hui. Déraisonnable ? « La première vertu d'un produit de luxe, c'est son prix, remarque Patrick Bernard, PDG de la société Millésima, négociant à Bordeaux. Et dans une année comme 2009, l'effet de la marque joue à plein. »
Convaincus de tenir un millésime d'exception - « encore meilleur que 1982 », s'enflamme Bernard Le Marois, PDG du site de vente en ligne Wineandco -, certains, comme Haut-Brion, sont allés jusqu'à doubler leur prix par rapport à celui du 2005. Ces tarifs professionnels jamais vus vont, une fois appliquées marges et TVA, porter les prix finaux de ces stars à 1.000 euros la bouteille (200 euros le verre !) pour le particulier. Mais lequel ? Pas le consommateur français. « A ce prix-là, hélas, tout part à l'export », se désole le négociant Jean-Christophe Mau (Yvon Mau). Auprès de la clientèle étrangère, la demande est telle que Jean-Christophe Mau doit réserver ses allocations à ses meilleurs clients.
L'amateur français, lui, doit se rabattre sur les crus moins recherchés. Tant mieux d'une certaine manière car il y fait de meilleures affaires. Et, cette année, surprise, il est au rendez-vous, ce client domestique que l'on disait fâché par quelques désillusions (le millésime 2007) et inquiet par la conjoncture. « Entre un Chasse-Spleen à 22 euros et un Cos d'Estournel à 249 euros, ça part comme des petits pains », se réjouit Bernard Le Marois qui dit avoir doublé son chiffre d'affaires « primeurs » par rapport à celui du millésime 2005. « Pour la première fois, tous les segments du marché, de l'entrée au très haut de gamme, marchent très fort », confirme Patrick Bernard.
Plus circonspect, Jean-Christophe Mau confie que les prix des 2009 ne permettent plus de suivre toutes les marques, car ils ne garantissent pas une plus-value à la clef. Le négoce bordelais peut cependant afficher un large sourire : une décennie s'achève qui lui aura permis de fort bien vendre quatre beaux millésimes (2000, 2003, 2005, 2009). Mais les profits de quelques-uns cachent les difficultés lancinantes de la viticulture bordelaise. Le tonneau de 900 litres de bordeaux rouge AOC vaut désormais à peine plus cher qu'une seule bouteille de Cheval Blanc...
J. -F. P., Les Echos