mercredi 24 décembre 2008

Michel Chasseuil, toqué des vins

Parfois, Michel Chasseuil ne répond pas au téléphone. Pas la peine d'insister. Il est dans sa cave, à classer un nouveau millésime d'exception, parmi ses 20 000 grands vins. Ces temps-ci, il fait installer un nouveau système de sécurité qui viendra s'ajouter aux radars et autres portes blindées qui protègent déjà son trésor. De l'avis de tous les puristes, Michel Chasseuil, 67 ans, possède la plus belle collection de vins rares au monde. L'endroit, charmant, ne paie pourtant pas de mine, entre Poitiers et Niort. Une vieille bâtisse familiale qu'il a retapée de ses mains, trois calèches d'un autre temps entreposées dans le garage, quelques faisans et paons qui se promènent dans une volière...

C'est sous terre qu'il faut s'aventurer. Après avoir parcouru les 10 mètres d'un tunnel voûté, on atteint une sorte d'éden. Caisses de vin à perte de vue, éclairages à l'ancienne, grille forgée. Et ces chants grégoriens qui emplissent l'air, constamment régénéré par un ingénieux système de ventilation qui va se perdre plus haut, parmi les faisans. "J'ai tout construit moi-même, sourit Michel Chasseuil. Deux mois, nuit et jour."


Cet homme aime la vie. Les femmes, les voyages. Et donc le vin. "Mais je n'en bois pas trop quand je suis seul, dit-il. Le vin, ça se partage. Ici, je vis comme un moine." Il a certes un fils, qui s'occupe du vignoble familial, dans la région de Pomerol. Mais siroter un Château d'Yquem 1811 en solitaire, 40 000 euros à petites lampées, ça ne le tente pas.

Drôle de monastère, tout de même. Où les liqueurs et spiritueux racontent l'histoire. Ici, une bouteille de Marie Brizard 1912, avec ses paillettes d'or, unique exemplaire rescapé du naufrage du Titanic. Là, un Siracusa 1850, "un vin qui n'existe plus", un whisky Macallan 1938, "la Rolls des whiskeys", un porto daté de 1735, une fine champagne 1805 en provenance directe de la cave de Napoléon 1er. "Je viens ici, à minuit, voir mes petites reliques, raconte le collectionneur. Je retrouve alors la paix de l'âme." Michel Chasseuil se penche, ouvre une caisse rectangulaire. "C'est un beau bébé, ça, lâche-t-il en exhibant un Imperial de Château Petrus 1985. Je les caresse, mes bouteilles." Il a des manies de mère de famille, tout est soigneusement ordonné, rangé, étiqueté.


On s'amuse à contempler les dégradés de couleurs des Château d'Yquem à travers les siècles, ils tirent vers un bel acajou dès qu'ils se font centenaires. Il faudrait égrener tous ces noms prestigieux, ces appellations pour lesquelles bon nombre de milliardaires se damneraient. Château Cheval Blanc 1947, Château Margaux 1900, Château Mouton-Rothschild 1945 en magnum, domaine de la Romanée-Conti 1921, Château Petrus 1914, Château d'Yquem 1811, sans parler de ce Prince Golitzin de 1897, extirpé des caves du tsar Nicolas II. "J'ai tous les millésimes exceptionnels, le fin du fin, dit Michel Chasseuil. Mon dernier rêve, c'est de dénicher une Romanée-Conti du XIXe siècle, ainsi qu'un Yquem 1847, c'est introuvable. Pas sûr, de toute façon, que j'aurais les moyens de me payer ces bouteilles."



Ce n'est pas là le moindre des faits d'armes de ce retraité. Il n'est pas riche. "C'est un combat de tous les instants contre les milliardaires, à l'autre bout du monde, qui cherchent les mêmes bouteilles", raconte-t-il. Armé de son seul fax et de son bagout, l'ancien ouvrier fait la nique aux puissants. Au point de s'attirer des ennuis. Il a eu la fâcheuse idée de devenir le mandataire de deux riches veuves. L'une lui léguera son vignoble, quitte à attiser les soupçons. L'autre l'accusera de lui avoir dérobé 329 bouteilles de son cru prestigieux.


Du coup, Michel Chasseuil a été, en 2003, mis en examen pour "abus de confiance". Faute de preuves, il a bénéficié d'un non-lieu en mai 2008. "Je n'ai jamais été condamné, dit-il, il n'y avait rien de frauduleux dans tout ça. Simplement, je ne me suis pas laissé bouffer par les riches propriétaires bordelais." Il épluche les catalogues spécialisés, s'incruste sur les listes des privilégiés ayant droit aux vins en primeur. Quarante ans qu'il passe sa vie dans les ventes aux enchères, qu'il visite les plus grands domaines. Il peut les relancer six ou sept fois, jusqu'à obtenir satisfaction.



"Il est persuasif, touchant et attachant, explique Marcel Guigal, le pape des côtes-du-rhône, et puis il a un flair infaillible." Récemment, il est allé rendre visite à Michel Chasseuil. "Et ce fut un grand choc, se souvient-il, de découvrir autant de raretés..." Il partage avec le collectionneur ce souvenir d'un réveillon mythique, dans un grand restaurant parisien, pour le passage à l'an 2000. Michel Chasseuil avait amené quelques-unes de ses plus belles bouteilles. Du pur bonheur en carafe.



Ce soir de Nouvel An, Michel Chasseuil a raconté sa vie au riche négociant, dévoilé ses secrets. Il a découvert l'art du vin sur le tard. L'enfance, au fond de sa province, c'était d'abord l'image de son père facteur, 43 kilomètres de tournée chaque jour, avec sa pèlerine qu'il fallait tordre les soirs de pluie. Puis il devint chaudronnier chez Marcel Dassault dès 1963. Des semaines de 56 heures, pour 390 francs mensuels. Michel Chasseuil fait ensuite le commercial, préposé aux ventes d'avions.



"J'emmenais les Belges ou les Libyens au Crazy Horse, ils finissaient saouls, ceux qui voulaient une gonzesse, je leur en trouvais une tous les soirs. Et, à la fin, ils allongeaient les millions..." Tant et si bien qu'à force de fréquenter les bons restaurants, il copine avec les sommeliers, apprend le vin. Et se paie sa première caisse de Château Dassault 1971, un grand cru classé dans le saint-émilion. Il quitte la société en 1989.



"J'ai investi mes 500 000 francs de prime de retraite dans le vin, dit-il. Que des grands crus, les cinq meilleures bouteilles dans chaque appellation. J'ai tous les Château Petrus de 1941 à 2005. Quand j'ai commencé à en acheter, la bouteille ne dépassait pas les 150 francs, c'est comme ça que j'ai pu me payer 4 caisses en 1982. Je pouvais me permettre des dépenses extravagantes pour moi, je n'avais plus de femme. Et puis les prix se sont mis à monter..."



Il a cessé d'investir en 2005. "Je suis au bout du rouleau, je n'ai plus de sous, mais je n'échangerais pas mes vins contre La Joconde." Il pourrait vendre sa collection, se retirer du circuit, et vivre de ses rentes. "J'ai dépassé mes rêves, assure-t-il. Je veux donner cette cave, la décréter patrimoine mondial de l'humanité. J'ai besoin d'un mécène, pour mettre en valeur ma collection, dans un beau bâtiment, à Saint-Emilion." Et, s'il devait mourir, le plus tard possible, il a déjà choisi sa dernière compagne de cercueil : une bouteille de côte rôtie, La Mouline, année 1978...


Gérard Davet


Article paru dans Le Monde - 22 décembre 2008

lundi 22 décembre 2008

ENFIN REUNIES !!!!!!!!!!!!

Mes Pieds,

Un petit mot pour vous annoncer que nos 3 Guigalettes sont enfin réunies...

Voici les photos de famille.

les K.











mercredi 17 décembre 2008

Une idée de week-end pour l’année 2009 !!!

Chers Pieds,

Nous avons participé activement aux "journées portes ouvertes en Jurançon."
Les vignerons ouvraient leurs portes pendant une journée afin de faire découvrir les particularités de leur vignoble.

Au programme : (Dur, dur…)
- Dégustations des vins
- Dégustations de produits locaux (fromages, charcuteries,…)
- Animations (bandas, expo….)



Pour notre première fois, nous avons visité 3 domaines :
- Domaine Bazaillacq
- Domaine de Cinquau (prononcé à la brésilienne)
- Domaine Capdevielle

Un moment très agréable, ponctué de quelques achats !!!


Pour les curieux et les amateurs de Jurançon, allez voir sur le site http://www.vins-jurancon.fr/

Le prochain rendez-vous est fixé au dimanche 13 décembre 2009 pour la 13ème édition.

Nous vous attendons tous l’année prochaine.

Les K.

Si seulement c'était vrai !

Merci Momo !

dimanche 14 décembre 2008

News : Imbroglio autour d'un Château d'Yquem 1811: vente annulée

La vente d'une bouteille de château d'Yquem 1811, considérée comme unique, adjugée aux enchères, samedi à Paris, à 41.500 euros à un collectionneur français, a finalement été annulée, selon l'expert Claude Maratier.

"La vente a été annulée, de même que celle d'un coffret exceptionnel de trois Château d'Yquem 1800, 1900 et 2000 qui avait été adjugé à 62.500 euros", a-t-il précisé à l'AFP dimanche.
"On s'est aperçu que l'acheteur était le propriétaire-vendeur qui souhaitait récupérer ses précieux crus de bordeaux", a dit Martine Pain porte-parole de l'expert de cette vente.
En effet, "à peine, l'adjudication faite des deux lots, l'acheteur qui s'est révélé être un émissaire du vendeur propriétaire initial s'est rétracté", a-t-elle relaté.
"La vente, organisée par la maison de ventes Lombrail-Teucquam, du château d'Yquem 1811 et de la trilogie 1800, 1900 et 2000, est donc de ce fait annulée", a-t-elle souligné.
"A noter, ces bouteilles étaient vendues sous réserve d'une authentification par le centre d'étude nucléaire de Bordeaux-Gradignan, comme c'est l'usage, afin de garantir l'authenticité des bouteilles à l'acheteur", a expliqué à l'AFP l'expert M. Maratier.
"Les bouteilles ayant été livrées tardivement, l'expertise, vu ses délais nécessitant plus d'un mois, n'a pas pu être produite le jour de la vente", a-t-il précisé.
"Mécontent", l'expert M. Maratier "se demande si le vendeur a eu un subit doute quant aux résultats qu'aurait apporté cette analyse..."
En cas de découverte de contrefaçon, les ventes de ce type de vins rares sont annulées a posteriori, a ajouté Mme Pain.

samedi 6 décembre 2008

Dégustation "Vins Mythiques"

Décembre reste toujours le mois des dégustations d'exception. 2008 nous a donné l'occasion de déguster:


  • Petrus 1995

  • Yquem 1995

Superficie : 11,5 Ha

Encépagement : 95% Merlot, 5% Cabernet-Franc
Viticulture : Vignes âgées en moyenne de plus de 40 ans. Vendanges à la main.
Elevage : Environ 20 mois en barriques neuves
Production : 30 000 bouteilles par an

Pétrus n’est pas seulement le plus célèbres des vins de Pomerol, c’est aussi l’un des plus prestigieux vins de la planète. Son terroir bénéficie d’une situation exceptionnelle au plus haut du plateau de Pomerol, où les vignes reçoivent un ensoleillement maximum. Le terroir est essentiellement argileux, avec des bordures plus caillouteuses.
Dirigé par l’œnologue Jean-Claude Berrouet, avec le maître de chai François Veyssière, le vignoble de Pétrus produit un vin rare, mais recherché dans le monde entier.

Le vin Pétrus allie la séduction et la rigueur, le charme et la concentration, l’opulence et le classicisme. Certains millésimes semblent ne jamais devoir vieillir, tant la puissance du fruit et des tannins apporte une éternelle jeunesse. Mais cette puissance, également contenue, laisse, avec le temps, une grande variété d’arômes s’exprimer.
A son apogée, le vin brille alors d’une grande finesse, et d’une inégalable longueur en bouche.

Note Parker

95+/100 "Incontestablement l'une des grandes étoiles du millésime. Ce vin développe des ressemblances avec le 1975, musclé et très peu évolué. Sa robe d'un rubis pourpre opaque précède un nez renversant de pain grillé, de fruits noirs confiturés et de café torréfié. Ce vin formidablement doté dévoile sa belle richesse par apliers et s'impose comme un mostre ample et tannique. Le Petrus 1995 durera un demi-siècle, voir plus".

Note P2V

"Pas emballés par le cru 1995. Les dégustations des années précédentes nous avaient laissés sur une meilleure impression."

Appréciations de l'équipe d'Yquem

Robe or briallnt. Le premier nez, discret, évoque des parfums de gâteaux aux fruits. Le deuxième nez, tout ausssi discret,s'ouvre un peu plus sur des notes de miel, d'abricot sec, d'amandes. Les sensations en bouche sont intenses: le volume et la puissance de ce vin envahissent le palais. Puis, des saveurs de marmelades et de pain d'épices s'imposent. Un peu plus tard, d'autres impressions naissent. Un vria festival de plaisirs variés! Ce vin a besoin de temps pour sépanouir totalement et révéler tout son potentiel. A déguster de préférnce tout seul après le repas. Dégustation du 28 avril 2003.

Note P2V

"Un pur régal. Cette sensation de finesse, ce goût acidulé sans le sucre, nous ont rappelé combien nous avions pris plaisir à déguster le 1996 à Brissac. Une valeur sûre ! "